Mardi 21 mars 2006 2 21 /03 /Mars /2006 16:13
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Il y a bien longtemps de cela, dans l’ancienne Russie des tsars, vivait dans un village proche de la cité de Volvograd une jeune fille nommée Iouliana. Un jour, sa mère, domestique trop pauvre pour assurer la subsistance de ses deux enfants, la plaça comme servante dans une famille noble. Iouliana, alors âgée seulement de dix ans, dut se plier à la demande maternelle pour permettre à son frère aîné de poursuivre ses études. Très jeune, Ivan avait montré des dispositions exceptionnelles pour le dessin et malgré leur pauvreté, ses parents l’encouragèrent à persévérer dans cette voie. Depuis, Ivan était devenu l’espoir de sa famille et l’on rêvait pour lui d’un avenir brillant de peintre. Depuis, les journées de la fillette se passaient tristement, à astiquer les parquets du château où elle était employée. Le dimanche, ses maîtres, un vieux couple de boyards, l’autorisaient à rentrer voir ses parents. Sa mère, Anna, s’était remariée quelques années plus tôt avec un pauvre moujik dénommé Andreï qui la traitait avec bienveillance mais qui, à ses yeux, ne pourrait jamais remplacer son père. Ce dernier avait disparu mystérieusement une journée de printemps, alors qu’elle avait à peine sept ans et son frère onze ans. Depuis, il n’avait plus donné signe de vie. Cette disparition subite avait plongé sa mère dans le désarroi.

Deux fois l’an, au moment de la Nouvelle Année et des semailles, Iouliana rendait visite à sa marraine Zinaïda. Cette femme encore jeune, née au sein d’une famille pauvre, était d’une beauté à couper le souffle. Ses cheveux blonds comme un rayon de soleil, sagement regroupés en deux longues nattes, ses pommettes hautes, son sourire et sa voix flûtée avaient rendu fou d’amour nombre d’hommes de sa province. Mais la belle avait repoussé bien des partis, n’acceptant un jour d’être demandée en mariage que par un vieux boyard très riche. C’était il y a quelques années de cela. On avait fêté cette union par une noce dont parlaient encore parfois les gens du village. Son mari était mort prématurément dans des conditions mystérieuses et depuis la jeune femme portait le deuil. On disait aussi de sa marraine qu’elle avait des dons de guérisseuse mais la jeune fille n’appréciait guère cette femme. Sous des dehors affables et charitables, dès lors qu’elle se trouvait seule avec sa filleule, elle devenait dure et méprisante, traitant la fillette guère mieux qu’une domestique. Elle se plaisait à l’humilier. Son visage si beau prenait alors une expression terrible, sa voix devenue cassante ne rappelait en rien la voix doucereuse qu’elle affectait en société. Ces paroles acerbes et les coups qu’elle lui infligeait effrayaient la petite Iouliana. Pourtant jamais elle ne parla de ses mauvais traitements à sa mère ou à son frère, tant elle craignait les foudres de sa marraine. De plus, qui l’aurait crue ? Aux yeux de la famille, Zinaïda était une femme bonne et une excellente marraine pour Iouliana.



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Par Xuan VINCENT - Publié dans : Conte - Communauté : Littérature Jeunesse
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Lundi 20 décembre 2004 1 20 /12 /Déc /2004 16:14

LA GARDIENNE DU TEMPS


(Xuan VINCENT)



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Noël approchait, déjà la ville prenait un air de fête. Dans les familles, les petits enfants s’impatientaient. Ils rêvaient déjà à la liste de cadeaux que le père Noël leur apporterait. Leurs souhaits seraient-ils exaucés ? Il avait tant à faire à cette période de l’année qu’ils ne voulaient pas être oubliés !

 

 

Téo lui aussi attendait impatiemment Noël. Son choix était déjà fait, il avait demandé au Père Noël un mainate, pour lui apprendre à parler. C’était un petit garçon de six ans, tranquille et rêveur. Son plus grand plaisir était de prendre soin de ses perruches. Son grand-père lui avait déjà offert un couple de ces oiseaux bavards aux couleurs bariolées. Le soir, dès qu’il avait fini ses devoirs, Téo retrouvait ses amis ailés et prenait plaisir à siffler en chœur avec eux. Son rêve, quand il serait grand, c’était de devenir un « monsieur charmeur d’oiseaux ». Quand il avait parlé de son projet à ses parents, ceux-ci avaient souri – ce métier n’existait que dans l’imagination de leur enfant. Mais ils ne voulaient pas lui faire de peine et le laissaient rêver à sa vie de futur charmeur d’oiseaux.

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Par Xuan VINCENT - Publié dans : Conte - Communauté : Littérature Jeunesse
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Jeudi 21 octobre 2004 4 21 /10 /Oct /2004 16:01

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Il n’a pas si longtemps de cela, vivait dans une petite ville de province un jeune garçon nommé Florent. Les bonnes fées à sa naissance semblaient s’être penchées sur son berceau. A bientôt quatorze ans, il avait gardé la grâce d’un angelot et sa gentillesse, son intelligence faisaient l’envie de bien des mères. Egalement la fierté de son père, un jeune veuf qui ne vivait plus que pour son fils. Il réussirait dans la vie, il ferait des études supérieures et il ferait carrière dans la fonction publique. Il voulait une vie dorée pour son fils, lui que son père avait obligé à travailler dès l’âge de seize ans comme manœuvre sur un chantier. Mais le jeune Florent ne l’entendait pas de cette oreille. En fils docile, il n’osait s’opposer à son père et s’appliquait en classe à remporter les premiers prix. Pourtant, il ne se voyait pas du tout devenir gratte-papier dans un bureau. Son grand rêve, depuis que tout petit, un jour où l’école lui avait découvert l’univers magique du cirque, c’était d’être clown ! Il s’en souviendrait toujours de ce soir-là, où les yeux ébahis, il avait tour à tour ri et pleuré devant les facéties du clown blanc et de son compère. Au retour du spectacle, il avait très sérieusement annoncé à son père :

 

- Papa, plus tard je serai clown comme le clown blanc !

 

Son père avait souri. Bien sûr, il serait clown quand il serait plus grand… C’était là une réponse d’enfant. Mais contrairement à d’autres enfants, Florent en grandissant restait attaché à son rêve. Ses dessins étaient remplis de clowns qui faisaient le pitre sur des pistes de cirque, de phoques jonglant avec eux, de jolies cavalières évoluant sur des chevaux blancs. Alexandre regardait avec l’affection d’un jeune père les dessins pleins de fantaisie de son fils. Jusqu’au jour où, Florent venait d’avoir neuf ans, ce dernier lui annonça :

 

- Papa, je voudrais aller dans une école de cirque, pour devenir clown.

 

- Clown, mais ce n’est pas un métier sérieux, mon garçon ! Tu es un bon élève en classe, tu pourras faire un bon métier plus tard !

 

- Oui, mais moi ce qui m’intéresse, c’est être clown quand je serai grand !

 

Devant l’insistance de son fils, Alexandre finit par consentir à ce qu’il suive un cours à l’école de cirque de la grande ville voisine. Après tout, il avait la chance d’avoir un garçon brillant et aimable.  Pourquoi le contrarier devant ce désir aussi impérieux ? A neuf ans, c’était encore un enfant. En grandissant, l’envie de devenir clown lui passerait certainement. Tous les samedis midis, Florent prenait donc le train pour se rendre à son école de cirque. Il mettait tout son cœur, il était si heureux de faire le clown avec les enfants de la balle… Si  seulement il pouvait être clown quand il serait grand…Interrompant sa rêverie, lui revenait l’image paternelle. Son père ne voulait qu’il devienne clown. C’était triste d’avoir un père aussi peu compréhensif… Mais peut-être qu’un jour il arriverait à le faire changer d’avis ? Cela lui paraissait certes peu probable mais ne pouvait-il pas rêver ?

 

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Par Xuan VINCENT - Publié dans : Conte - Communauté : Littérature Jeunesse
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Jeudi 1 janvier 2004 4 01 /01 /Jan /2004 01:00

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La nouvelle s’était répandue tel le téléphone arabe au sein de la bande. Fabiola, un jour où elle ne supportait plus de se voir envahie par les livres, avait décidé de se séparer d’une bonne partie des ouvrages qui avaient jalonné son existence et fini par encombrer son petit appartement. Un samedi de juin, elle organisa une grande fête dans le parc de son quartier, où chacun était invité à choisir les livres avaient jalonné son existence et fini par encombrer son petit appartement. Un samedi de juin, elle organisa une grande fête dans le parc de son quartier, où chacun était invité à choisir les livres qui lui plaisaient.

Nombreux repartirent avec plusieurs ouvrages, qui avaient marqué leur jeunesse ou un jour voulu découvrir... Des passants, intrigués par cet étalage insolite, s’arrêtèrent à l’étal improvisé garni d’une profusion d’écrits en tous genres et poursuivirent leur route, emportant avec eux un ou plusieurs ouvrages qui avaient attiré leur regard. A la satisfaction de Fabiola, heureuse d’être allégée d’autant de livres et de faire le bonheur d’autres personnes. A plusieurs reprises, une personne tomba sur un livre dédicacé, certaines, voyant qu’il était chargé d’une histoire personnelle lui demandèrent si elle voulait bien s’en défaire. Son envie de se séparer de sa trop volumineuse bibliothèque était telle qu’à chaque fois elle fit comprendre à son interlocuteur, ami de plus ou moins longue date ou simple passant, que cela lui était égal et l’encourageait à repartir avec l’ouvrage dédicacé.

 

La journée tirait vers sa fin et bientôt le parc allait refermer ses portes. Les quelque huit cents livres disposés sur un étal ou rangés dans des caisses en carton s’étaient réduits à peau de chagrin. Tout au plus en restait-il à vue d’œil environ deux cents, qu’elle pensait déposer dans la rue le lendemain matin, dans l’espoir que des passants en prendraient encore quelques-uns et échapperaient ainsi à la collecte des éboueurs. Au fur et à mesure que ses ouvrages disparaissaient, Fabiola se disait qu’elle allait enfin bientôt pouvoir respirer davantage dans son appartement. Il y a encore peu, jamais elle n’aurait pensé être capable de se séparer d’un seul de ses écrits, chacun d’entre eux lui rappelant une période de sa jeunesse, voilà qui était fait !

 

- « Les hauts de Hurlevent », mon livre préféré ! D’une ancienne collection de plus… Je peux le prendre, madame ?

- Avec plaisir, monsieur. Il me vient d’une grand-tante, c’est un de mes romans favoris mais aujourd’hui je veux faire le ménage dans ma bibliothèque !

 

Le passant, un homme à l’allure distinguée dans la soixantaine, manifestement féru de lectures, attiré par la qualité des ouvrages, en avait déjà feuilleté méthodiquement un bon nombre, sans hâte. Soudain, son visage s’éclaira et il s’exclama :

 

- Il y a une photo dans ce livre… Quel visage angélique, j’aimerais l’avoir pour faire le portrait de ce jeune homme !

- Si cela ne vous dérange pas, prenez le livre, monsieur, mais j’aimerais garder la photo. C’est celle d’un ami qui m’est cher.

- Je comprends, dommage, j’aurais bien voulu l’emporter… Je suis peintre et j’ai rarement vu une telle expression de pureté se dégager d’un visage… Pourrais-je vous l’emprunter un moment ?

- Je ne sais pas, laissez-moi le temps de réfléchir… Je dois tout d’abord remballer tous les livres dont je n’ai pas pu aujourd’hui me défaire…

- Je ne suis pas pressé, madame. Voici ma carte de visite. Je suis Xavier Derrien, peintre. N’hésitez pas à me contacter, je suis prêt à vous donner un bon prix pour cette photo.

- L’amitié n’a pas de prix, Monsieur. Il m’est impossible de me séparer de cette photo. Au revoir.

 

 

La jeune femme, quelque peu agacée par le ton pressant du vieil homme, prononça ces derniers mots sur un ton qui signifiait que la discussion était close. L’homme passa son chemin, quelque peu dépité mais gardant l’espoir de réussir à mettre la main sur cette photo qui l’avait tant touché. Le roman, qui l’avait pourtant fait vibrer lorsqu’il était encore un adolescent sensible aux traits délicats, très loin de l’homme désabusé qu’il était devenu, était bien fade à côté du cliché qui lui était passé sous le nez. Cette photo, dont la signature au bas du document indiquait la marque d’un photographe qui avait su capter la beauté fascinante de cet adolescent, il fallait qu’il l’obtienne, de gré ou de force ! Elle lui rappelait sa jeunesse perdue, sa beauté qui s’en était allée irrémédiablement.

 

 (...)

 

Par Xuan VINCENT - Publié dans : Sentimental
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Dimanche 29 décembre 2002 7 29 /12 /Déc /2002 16:28
 

A la récréation, avec mes copains du CM2 du groupe scolaire Brassens, on s’amusait à raconter l’histoire la plus incroyable qui nous était arrivée. Pierre, le petit blond à lunettes, nous a dit, très fier de lui qu’un jour, il s’était égaré avec ses cousins dans une forêt mais grâce à son sens de l’orientation et à son téléphone portable, il avait réussi à retrouver le chemin du chalet où ils passaient les vacances. Manuel, le gros dur de la bande, s’est vanté qu’il dealait du shit et nous a défié de prendre un joint à la sortie de l’école. Devant notre mine dégoûtée, il a rigolé et nous a traités de poules mouillées. C’est alors que je me suis avancé vers la bande, les mains sur les hanches :

 

- Pas mal, vos histoires, les gars. Mais moi, il m’est arrivé une aventure bien plus incroyable ! Accrochez-vous et que les fillettes ne tournent pas de l’œil. Car vos histoires, c’est de la rigolade à côté de ce qui m’est arrivé !


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Par Xuan VINCENT - Publié dans : Conte - Communauté : Littérature Jeunesse
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