Vendredi 29 février 2008
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29
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/2008
16:49
LE TRAIN DES MERS
(Xuan VINCENT)
1.
Il ne lui avait tout d'abord pas prêté attention, tant il était perdu dans la contemplation de l'océan. Pourtant, il s'aperçut qu'elle était comme lui une
familière du lieu. Elle arrivait à grande vitesse, chevelure d'un roux flamboyant, sur un cheval de couleur ébène. Elle galopait tout le long de la plage, jusqu'à une petite crique. Là,
elle laissait son cheval au milieu d'un bosquet et, une petite valise à la main, elle parcourait seule les derniers mètres. Puis elle regardait comme lui l'horizon, sa valise
posée à ses pieds. Elle devait rester là longtemps. Au moment où il se résignait à reprendre le chemin du travail, elle fixait toujours l'horizon, telle une sentinelle marine.
(...)
Par Xuan VINCENT
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Samedi 29 décembre 2007
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29
/12
/Déc
/2007
17:05
LES TERRES BLEUES
(Xuan VINCENT)
- Ne te sépare pas de ce tableau, Luc, je t’en prie…
- Il est temps de changer la décoration, les souvenirs menacent de nous envahir. Un peu de sobriété sera la bienvenue !
Le regard de la jeune femme se porta sur la peinture. Elle se perdit dans son incroyable enchevêtrement végétal, aux teintes bleutées et vaporeuses, où nulle
présence humaine ne s’y décelait. Revenant à la réalité, un voile de tristesse parut son visage. L’instant d’après, elle sourit à son ami et ses yeux verts reprirent leur lueur passionnée.
(...)
Par Xuan VINCENT
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Dimanche 29 avril 2007
7
29
/04
/Avr
/2007
16:38
A la recherche du Scribe d'or
(Xuan VINCENT)
« Si éclairants soient les grands textes, ils donnent moins de lumière que les premiers flocons de neige. »
(La plus que vive, Christian Bobin)
« Nous passons notre vie devant une porte sans voir qu'elle est déjà ouverte et que ce qui est derrière est déjà là, devant nos
yeux.
(L'éloignement du monde, Christian Bobin)
1. Gillem
Le jeune homme roulait à bonne allure dans les rues de Paris, en direction du front de Seine. Il ne voulait pas arriver en retard à son rendez-vous. A huit heures
trente, il franchit une des entrées de l'enceinte du ministère, situé près de Bercy. L'un des deux agents en faction, vêtu de l'uniforme arlequin réglementaire, voyant qu'il n'avait pas de
laissez-passer, l'orienta vers l'accueil puis lui indiqua le parking à cycles le plus proche. A l'accueil, une jeune femme, vêtue du costume tailleur rose bonbon des hôtesses de terre, vint le
chercher au bout de quelques instants.
- Vous êtes Monsieur Etxeberri ?
- Oui.
- Je vais vous conduire au bureau 8013.
(...)
Par Xuan VINCENT
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Vendredi 29 décembre 2006
5
29
/12
/Déc
/2006
16:08
VACANZE ROMANE
(Xuan VINCENT)
1
Agnès
Je le dévisageais discrètement depuis un moment. Mais lui ne s’était encore rendu compte de rien. Il semblait perdu dans son monde intérieur. A quoi pouvait penser
cet homme ? Il paraissait pris par une obsession ou une passion ; peut-être une passion amoureuse ? Son regard était le plus souvent rapide, balayant l’espace ; plus
rarement fixe, perdu dans le vague. Son visage fin, aux yeux bleu pâle, encadré de cheveux châtain clair légèrement bouclés, était à lui seul plaisant à regarder. Sa tenue, composée d’une chemise
blanche et d’un pantalon flanelle noir, était d’une sobre élégance. Je lui donnais à peu près mon âge. Il était resté ainsi longtemps, avec cette expression si intense que par moments, bien qu’il
ne l’adressât à personne, j’avais dû détourner mon regard. Plus tard, ce jeune homme sortit un carnet ainsi qu’un stylo et se mit à écrire, lentement,
obstinément, avec la même fièvre dans les yeux. Un long temps s’écoula pendant lequel Il coucha des mots sans s’arrêter, en barrant fréquemment des passages. Finalement, ma curiosité fut la plus
forte. Je décidai de rompre le silence :
- Je vous observe depuis quelques instants. J’avoue que vous me surprenez… Vous avez l’air très amoureux. Je ne me trompe pas ?
(...)
Par Xuan VINCENT
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Vendredi 21 avril 2006
5
21
/04
/Avr
/2006
17:28
1
La journée tirait à sa fin. Au loin, une brume vaporeuse voilait les îles de Port-Cros et du Levant, qui semblaient flotter au-dessus de l’eau. Un vent doux
s’était levé, froissant la mer d’ondulations tranquilles. Cheminant sur la plage, je me voyais déjà dans mon jardin, contemplant le rosier que m’avait offert le mois dernier un collègue pour mon
anniversaire. Il s’agissait d’un magnifique Adélaïde d’Orléans, aux pétales d’un blanc nacré. Arrivé devant mon domicile, une maison basse de style provençal située en lisière du
Lavandou, je fus surpris de découvrir que les volets de la maison mitoyenne, fermés depuis la mort de mon vieux voisin un an auparavant, étaient ouverts. De même, le panneau « à
vendre » était remplacé par un panneau « vendu ». Devais-je me préparer à avoir de nouveaux voisins ? Habitué à la tranquillité, cette pensée troubla ma joie. Un peu plus
tard, je me rendis dans mon jardin. Là, de l’autre côté de la clôture, mon regard s’arrêta sur une scène insolite : une jeune fille asiatique, occupée à étendre sur le fil à linge des
sortes de mouchoirs. Bientôt je compris ma méprise : il s’agissait de feuilles de cahier d’écolier, couvertes de mots C’était comme une apparition, insensée. Etait-elle la fille des nouveaux
voisins ? Pourquoi avait-elle accroché ces papiers ? Curieux de savoir qui était cette charmante demoiselle, je m’approchai d’elle. Elle leva vers moi un regard surpris. L’instant d’après,
son visage, celui d’une adolescente eurasienne d’une beauté singulière, aux traits délicats, s’éclaira d’un sourire timide.
(...)
Par Xuan VINCENT
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